Appellation  
  scientifique  
  Science vs.  
  Croyance  
  Méthodologie     Influence de  
  la pensée  
  L'énergie des  
  neurones  


Les rapports détonnant de la pensée positive et de la science


Appellation scientifique contrôlée

Les auteurs d'ouvrages de pensée positive se référent très souvent à la science. Ils essaient de cautionner leurs propos grâce à des découvertes scientifiques, c’est-à-dire au-dessus de tout soupçon, pour valider leurs théories. Comme dans d’autres champs du développement personnel, les phrases "des recherches ont démontré que…" ou "des études ont prouvé que…" sonnent comme autant d’éléments sérieux et indiscutables.

Cependant, il ne suffit pas d’évoquer le mot "science" pour rendre un propos scientifique. Est considéré comme scientifique uniquement ce qui répond à certains critères, notamment ce qui est avéré par des expériences reproductibles.

Comme il n’est pas possible à chacun de reproduire toutes ces expériences, on se réfère à des spécialistes renommés du domaine en question pour donner un avis éclairé quant aux résultats obtenus. Si plusieurs spécialistes indépendants s’accordent sur la qualité de la recherche présentée, que les analyses ne comportent pas de biais méthodologiques ou d’erreurs de traitement, alors cette dernière est publiée dans une revue scientifique.

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La recherche universitaire se déroule ainsi : s’appuyant sur les données et résultats déjà publiés dans des revues renommées pour leur rigueur, elle poursuit les travaux avec de nouvelles hypothèses et de nouvelles expériences, qui seront publiées à leur tour.

Pour prétendre au titre de "scientifiques", les informations présentées doivent respecter ce protocole (recherche indépendante, publication des résultats dans des revues spécialisées avec comité de lecture). C’est le cas de la psychologie universitaire actuelle.

La pensée positive 2.0, qui se veut fondée sur des bases scientifiques, répond à ces exigences : plus de 30 références d’expériences sont mentionnées explicitement dans le livre Pensée Positive 2.0 (publié chez La Source Vive).

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Des croyances aux connaissances

Nous nous forgeons tous une représentation mentale du monde dont le but est de nous aider à vivre en réduisant l’incertitude de celui-ci. Certaines de ces représentations, appelées croyances, ne correspondent manifestement pas, ou alors très peu, à la réalité. C’est le cas des superstitions : croire qu’un objet peut porter chance ou malchance, par exemple. La force des croyances est de résister au faits : même lorsque les événements les démentent, elles continuent d’être entretenues, à l’image des numéros prétendument porte-bonheur que jouent semaine après semaine les adeptes des loteries et autres jeux de hasard.

A côté des croyances, il y a les connaissances, qui elles sont basées sur des faits. Elles découlent d’expériences et ont subi avec succès l’épreuve de réalité. Ainsi la règle que si on lâche un objet, celui-ci tombe sur le sol car il est attiré par la masse de la Terre. Les sciences naturelles ont justement pour objectif de produire des connaissances sur le monde, alors que les sciences humaines s’intéressent aux êtres humains et à leur fonctionnement.

En sciences humaines, la distinction entre croyance et connaissance peut se spécifier de la manière suivante :

Croyance Connaissance
Provient souvent de l’intuition
d’une personne
Provient de l’observation rigoureuse
 
Efficacité à 100% Probabiliste
Basée sur des témoignages Issue d’expérimentations
Non reproductible Reproductibles à volonté
Pas de prédictions précises Prédictions précises et vérifiables
Le doute doit être chassé Le doute est fondateur

En observant le tableau ci-dessus, il apparaît que la pensée positive s’apparente principalement au groupe des croyances :

L’avantage de la pensée positive 2.0, de par ses fondements scientifiques, est d’échapper à la tyrannie de la croyance. Elle devient ainsi plus douce et moins exigeante. Comme elle ne prétend pas à l’absolu, elle autorise un degré de réussite raisonnable : nul besoin d’incarner en permanence une succès total sur tous les plans par ceux qui la pratiquent. Elle n’alimente ainsi pas de sentiments de culpabilité chez ceux pour lesquels la réussite n’est pas au rendez-vous. Elle intègre les doutes qui surviennent régulièrement dans la vie et elle évoluent au fil des découvertes scientifiques. Enfin, elle n’oblige pas à un acte de foi gratuit envers la parole d’un heureux dépositaire de la vérité…

Un domaine où la pensée positive classique est particulièrement soumise à l’emprise d'une croyance non vérifiée, qui confine à la superstition, c’est la conjuration du négatif. En effet, la quasi-totalité des auteurs de livres à ce sujet rejettent farouchement le "négatif" qu’ils préconisent de chasser à tout prix de notre tête. Cette diabolisation du "négatif" n'a pourtant pas lieu d'être, comme l'ont brillamment démontré les travaux de la professeure Gabriele Oettingen (Université de New York) : les visualisations intégrant les possibles obstacles sont sensiblement plus efficaces...

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Difficultés méthodologiques

La méthodologie est un terme qui désigne l’étude des méthodes utilisées en science. Dans les sciences humaines, un obstacle de taille est en effet l’influençabilité des sujets. De la même façon que l’on perd sa spontanéité lorsque l’on se sait photographié, on cesse de se comporter naturellement lorsque l’on se sait observé. De plus, les attentes des sujets peuvent fausser les résultats. Par exemple, sachant que je participe à une étude sur la pensée positive, je risque de considérer comme plus positif ce qui m’arrive que si je n’y avais pas participé. De même, je risque de négliger certaines informations qui ne cadrent pas avec mes attentes.

C’est le redoutable biais de confirmation, qui nous fait retenir ce qui confirme notre vision du monde et négliger le reste (à l’origine de la persistance des croyances).

C’est pourquoi, en sciences humaines, on essaie d’utiliser la méthode en double aveugle dès que possible : les sujets ne connaissent pas l’objet de l’étude et les professionnels qui traitent les données ne savent pas quels sont les hypothèses testées. Cette manière de faire réduit considérablement les risques de biaiser les résultats. Elle est aux antipodes de la collecte de témoignages corroborant une thèse que l’on veut soutenir, si chère aux auteurs de livres de pensée positive (un biais similaire se retrouve sur certains réseaux sociaux : soit tu "like" soit tu ne dis rien).

Il apparaît immédiatement qu’une étude en double aveugle sur la pensée positive est difficilement réalisable : comment demander à des sujets de visualiser des issues favorables sans qu’ils ne se doutent de ce qui est étudié ? Plus ennuyeux encore, la pensée positive classique nécessite une absolue conviction : comment l’évaluer ? De plus, comment mesurer précisément les bienfaits de la pensée positive ? Combien de temps doit-on laisser aux sujets avant de vérifier les éventuels changements ?

Couverture

Une étude réalisée par la chercheuse Joanne Wood (Université de Waterloo), par exemple, demandait aux sujets de se répéter des phrases positives. Les résultats indiquent que certains sujets ont vu leur humeur baisser suite à cette pratique, contrairement à d'autres. Il est apparu que ceux qui se répétaient des formules auxquelles ils ne croyaient pas ("je suis une personne appréciée") éprouvaient alors une baisse de l'humeur. (le détail de cette étude est expliquée dans : Jordi Quoidbach, Pourquoi les gens heureux vivent-ils plus longtemps ? Dunod, 2010, pp. 164-166.)

L’explication en est somme toute logique et se rapproche de nos réactions aux compliments. Habituellement, un compliment nous fait plaisir uniquement si nous estimons qu’il est mérité. Si l’on nous félicite pour un plat que l’on sait pertinemment n'avoir pas bien réussi, le compliment sera rejeté, car jugé hypocrite, et il risque de renforcer notre mauvaise humeur. De même, la femme qui vient d’être éconduite par trois amoureux potentiels aura du mal à se convaincre qu’elle est une personne formidable et appréciée de tous… La formule positive « je suis une personne appréciée » réactivera le souvenir des rejets et abaissera par conséquent son humeur.

La prise en compte de ces difficultés a amené à étudier séparément les différents aspects en jeu dans la pensée positive, comme c'est le cas dans la pensée positive 2.0 (voir la rubrique fonctionnement).

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L'influence de la pensée

  On trouve facilement sur Internet des expériences censées démontrer que la pensée peut influencer la matière. La plus connue est sans doute celle issue des travaux du Japonais Masaru Emoto (Il convient de préciser que ces travaux n'ont jamais été publiés dans une revue scientifique avec comité de lecture).

Elle consiste à préparer deux flacons stérilisés avec du riz dans lesquels on verse de l’eau chaude avant de les refermer. On "envoie" ensuite des pensées d’amour à l’un des flacons et des pensées de haine à l’autre. Après quelques semaines, on regarde l’état du riz. D’après Emoto, le riz "aimé" se conserve parfaitement alors que l’autre pourrit très vite.
Emoto  
riz

Seulement voilà, de telles résultats ne sont pas recevables par la communauté scientifique. Pourquoi ?

1. Dans toute expérience rigoureuse, tous les paramètres doivent être sous contrôle, et un seul doit être varié à la fois pour en mesurer l’influence exacte. Dans l’expérience du riz, on ne contrôle pas l’exposition des bocaux aux germes ambiants : ils ne sont pas fermés exactement au même moment, l’eau chaude n’a pas exactement la même température, etc. Pour remédier à ce problème, il faudrait des bocaux préparés industriellement dans un univers aseptisé.

2. En science, on commence par tenter d’expliquer un phénomène grâce aux connaissances déjà validées. Ici, le pourrissement plus ou moins rapide du riz devrait logiquement être fonction des germes en contact avec l’aliment. Pour vérification, on prépare dans des conditions analogues une dizaine de pots identiques et on note les différences dans la vitesse de dégradation des contenus (sans aucune pensée envoyée). On pourrait en tirer une loi statistique simple.

3. Au-delà de ces problèmes méthodologiques importants, il faudrait reproduire un grand nombre de fois l’expérience et tenir compte aussi des cas où l’hypothèse de base est invalidée (le riz "aimé" pourrit plus vite) : Internet regorge de compte-rendus d'amateurs ayant tenté l'expérience avec des résultats "négatifs" à la clé. C’est pourquoi on ne trouve pas trace dans les revues scientifiques avec comité de lecture de ce genre d’expérience.

Pour celles et ceux qui auraient tendance à considérer dans ces précisions un scepticisme exagéré doublé de fermeture d’esprit, on pourrait proposer de faire l’expérience de la façon suivante :

  • acheter plusieurs pots de yoghourt transparents identiques (préparation industrielle dans une atmosphère aseptisée contrôlée)
  • les laisser pourrir hors du frigo pour déterminer le temps de conservation moyen
  • acheter un duopack et envoyer des bonnes pensées à l’un et des mauvaises à l’autre pour constater les effets, disons 2 semaines après la durée déterminée précédemment
  • noter scupuleusement les résultats, si possible évalués par d'autres personnes
  • réitérer une bonne douzaine de fois l’expérience.
  • compiler tous les résultats, même ceux qui ne vont pas dans le sens de l'hypothèse.

Allons plus loin ! Si la pensée a effectivement un pouvoir sur la matière, son influence est-elle dépendante de la distance ? En électromagnétisme, la distance entre l’émetteur et le récepteur fait toujours partie de l’équation. Il faudrait donc répéter l’expérience du riz avec différentes distances entre celui qui émet les pensées et les bocaux cible. Pourquoi ne pas demander à un ami habitant New York de préparer les pots ? La pensée ne devrait en effet pas être limitée par la distance physique… A propos, est-il nécessaire de voir la cible pour que la pensée agisse ? En clair, la pensée a-t-elle besoin d’un contact visuel pour exercer son influence ?

On le remarque aisément : les expériences d’Emoto créent une grande impression chez certains, mais n'en restent pas moins entachées de tels biais méthodologiques qu’elles ne s’inscrivent pas dans une démarche qui respecte les critères scientifiques standard, en premier lieu la procédure en double aveugle : le sujet qui envoie les pensées ne voit pas les résultats et celui qui évalue les résultats ne sait pas quel pot a reçu quelle influence (voir par exemple : www.scilogs.fr).

De plus, il n’y a aucune hypothèse quant à la nature exacte de l’influence de la pensée (comment ça marche ?) ni sur les paramètres précis intervenant dans l’équation (distance, temps, fréquence, etc.)

Enfin, à supposer que l'expérience du riz soit validée scientifiquement, la conclusion que l'on devrait en tirer serait : le "pouvoir" de la pensée ne semble s'exercer à distance que sur des éléments biologiques à travers la vitesse de leur putréfaction suite à des contaminations par des germes présents dans l'atmosphère. On est encore bien loin d'une affirmation telle que : la pensée est plus forte que la matière...

Ceci dit, il n’est pas besoin de mener des expériences pour démontrer l’effet de la pensée sur la matière : il suffit de bouger ! Notre pensée détermine en effet nos gestes, ce qui est déjà une prouesse qu’aucun scientifique n’est à l’heure actuelle capable d’expliquer. L’activité neuronale et les connexions nerveuses sont certes de mieux en mieux connues, mais comment émerge la pensée, au sens subjectif, dans tout cela ? Mystère !

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l'énergie électrique des neurones

Le pensée est énergie ! Cette affirmation, par ailleurs tout à fait fondée, est utilisée comme argument par les tenants de la pensée positive et de la loi d'attraction. Qu'en est-il exactement ? Par exemple, peut-on contrôler à disatance par la simple pensée un ordinateur ?

La réponse est oui, mais pas dans un sens qui valide les thèses de la pensée positive.

Les neurones interagissent et communiquent entre eux grâce à des impulsions électriques (potentiel d'action) et des substances chimiques (les neurotransmetteurs). Cette activité électique peut se mesurer à la surface du crâne, ce qui donne lieu à un tracé EEG (électroencéphalogramme).

Les états d'activité et de conscience du cerveau donnent lieu à des relevés EEG différents, qui ont reçu des noms en fonction de leur fréquence:

  • les ondes beta, qui correspondent à un état de concentration, voire de stress (high-beta)
  • les ondes alpha, qui correspondent à un état de relaxation (lorsqu'on ferme les yeux)
  • les ondes theta, qui correspondent à un état de rêverie, de vagabondage mental ou de méditation
  • les ondes delta caractéristiques du sommeil profond.
Les ondes cérébrales

Il est important de préciser que le terme d'onde ne renvoie pas à une onde radio qui transmettrait de l'information à longue distance. L'énergie véhiculée, de l'odre du microVolt (millionième de Volt; pour comparaison, les batteries standard utilisées dans les appareils électriques courants pésentent une tension nominale de 1,5 Volt), se mesure grâce à une électrode de contact enduite de pâte conductrice. C'est également le setting utilisé pour le neuro-feedback.

Les progrès réalisés en technologie et en informatique permettent actuellement de mesurer et d'analyser en temps réel l'élecrtoencéphalogramme sur un ou plusideurs points du crâne à l'aide d'un ordinateur portable. Un logiciel capable de discriminer les ondes mesurées peut servir d'interface avec une machine et "la commander". En se relaxant, les ondes cérébrales ralentissent et peuvent donner un signal spécifique...

Malgré ces extraordinaires réalisations, nous sommes donc bien loin d'une toute-puissance de la pensée, d'une onde capable d'agir à distance voire d'avoir identifié la "vibration" de la pensée ou d'avoir capté son "énergie".

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